Véronique B. Jeande

 

1 – Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?

« Il était une fois… un livre.

Sagement rangé pendant des années dans un petit coin de tête, il n’ennuyait personne. Jusqu’au jour où il en a eu assez. Déclenchant ainsi une révolution.

– Il n’y a plus rien dans le frigidaire !

– Ah bon ?

*****

– Si on partait à la mer ce week-end ?

– Euh, non…

******

– Maman, pourquoi tu me dis qu’il ne faut pas passer trop de temps devant des écrans et que tu restes toute la journée devant ton ordinateur ?

– C’est différent, maman travaille…

Mais comme toute révolution finit par se terminer un jour, fort heureusement, le calme est enfin revenu. Le jour où la dernière page est sortie de l’imprimante et où il s’est installé confortablement dans le tiroir du bureau.

Pas pour longtemps cependant. Il n’avait pas fait tout ce chemin pour rester enfermé dans un meuble. Et le voilà reparti dans ses activités militantes. Nouant insidieusement des contacts avec l’extérieur et créant son propre réseau de soutien. C’est ainsi que les publicités pour des maisons d’édition ont commencé à fleurir comme par magie au-dessus de son tiroir.

Un contrat à compte d’éditeur, pourquoi pas… Et hop, signé avec Nouvelles Plumes, le voici parti pour de nouvelles aventures. Mais le rêve a progressivement viré au cauchemar et il a donc préféré faire ses valises plutôt que de voir l’histoire se terminer en thriller.

Il embrassa alors l’autoédition et il vécut heureux… »

 

2 – Écrire… Quelles sont vos exigences vis-à-vis de votre écriture ?

J’ai la tête dans les nuages et les pieds sur terre. Le résultat ? Ce sont des livres qui flirtent avec le fantastique, tout en cherchant à être vraisemblables. Je m’attache donc tout particulièrement à la cohérence de l’histoire, de manière à ce que le lecteur puisse se dire : « … et si c’était vrai ? ».

Sur un plan plus pratique, le travail de relecture et de correction est pour moi aussi important que l’écriture à proprement parler. Le lecteur doit pouvoir profiter de l’histoire sans être perturbé par des fautes à chaque page. Il est clair qu’un autoédité ne dispose pas des mêmes moyens qu’une grande maison d’édition. Je ne peux pas promettre qu’il ne restera pas quelques coquilles dans mes livres, mais j’essaye de les traquer au maximum, épaulée en cela par des bénévoles que je ne remercierai jamais assez.

 

3 – Écrire… Avec ou sans péridurale ?

J’ai opté pour la césarienne. Avec péridurale.

 

4 – Écrire… Des rituels, des petites manies ?

De la musique, de la musique, encore de la musique… Lorsque j’écris, j’écoute certains albums en boucle. Simplement car ils s’adaptent parfaitement à l’ambiance de mes romans. Chacun de mes livres restera lié à la musique qui a accompagné ces longues heures d’écriture. Il me suffit de réécouter ces morceaux pour me replonger dans l’histoire et retrouver mes personnages. Pratique, non ?

 

5 – Écrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plaît dans chacune d’elles ?

J’ai découvert le format « nouvelles » avec un groupe qui s’appelle « Histoires sous influence ». Je dois avouer m’être énormément amusée. C’est un exercice complètement différent, notamment lorsque l’on doit se conformer à des règles ou à des mots imposés.

L’écriture d’un roman demande du temps, beaucoup de temps. Lorsque je n’en ai pas suffisamment, les nouvelles sont une bonne alternative pour retrouver le plaisir d’écrire.

 

6 – Votre premier lecteur ?

Désigné d’office, pas de chance !

Avant de publier mes romans, je fais tourner mes manuscrits dans un cercle restreint, mes « correcteurs ». Leur rôle est primordial, puisque c’est grâce à leurs retours détaillés et à leurs observations que je vais pouvoir affiner le livre, voire corriger certains passages.

Lorsque Le Cercle Manteia a été terminé, je ne savais pas trop quoi en faire. Alors j’ai sélectionné dans mon entourage quelques personnes à qui j’ai remis le manuscrit sans préciser qui en était l’auteur, de manière à recueillir des avis objectifs. Aujourd’hui, je ne manque pas de volontaires, c’est nettement plus facile. Les échanges sont souvent passionnants et très enrichissants.

 

7 – Lire… Peut-on écrire sans lire ?

Lire ou écrire, il faut choisir !

Enfin, pour ce qui me concerne. Lorsque je suis plongée dans l’écriture, cette activité devient tellement envahissante qu’il ne reste plus beaucoup de place pour le reste. Mais pas d’inquiétude, je me rattrape lorsque le livre est fini.

 

8 – Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?

Je n’ai jamais été déçue par les livres de Ken Follett. Il a le don de manier la plume, mélangeant avec subtilité Histoire et roman. J’ai toujours été en admiration devant les œuvres de Tolkien, qui a réussi à créer un univers grandiose. Mais il y a beaucoup d’autres auteurs dans ma bibliothèque, connus ou inconnus, qui m’ont fait rêver. Inutile de préciser que vous y trouverez plus de thrillers et de polars que de classiques ou de poésie.

 

9 – Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?

Enfin du temps pour lire les romans des autres ! Et Dieu sait combien j’ai de retard…

Non, cela ne m’inquiète pas. J’ai toujours considéré l’écriture comme un loisir et un plaisir. Si l’envie n’y est plus, c’est qu’il est temps de faire une pause. Je suis persuadée qu’elle reviendra un jour.

 

10 – Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym’us ?

L’anonymat me va très bien. Je suis du genre discret. Je préfère rester en retrait et observer plutôt que de me lancer dans de grands discours. Pas très vendeur, j’admets, mais on ne se refait pas. Le concept de ce Trophée, que j’avais croisé à diverses reprises sur les réseaux sociaux, m’a donc interpellée.

 

11 – Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes ?

Je peux vous conseiller un psy si vous voulez. Parce que moi, je n’ai pas la réponse à cette question… Les lecteurs de polars et de thrillers me semblent plutôt normaux dans l’ensemble.

S’agit-il de voyeurisme, d’un exutoire ? Ou ne serait-ce pas plutôt le besoin de s’identifier à un personnage qui, dans la majeure partie des cas, va chercher à combattre cette violence ? Personnellement, dans mes romans, j’aime jouer sur différents tableaux. La noirceur des uns fait ressortir l’humanité des autres.

 

12 – Vos projets, votre actualité littéraire ?

Le cinquième roman, que j’ai momentanément abandonné pour laisser un petit peu de place à des projets non littéraires. Des salons, sans doute, je vais y penser.

 

13 – Le (s) mot(s) de la fin ?

Je préfère penser qu’il s’agit d’une histoire sans fin.

 

La terrasse, elle est là : Vas-y clique, tu y vas direct…

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