Une heure de ténèbres – Michèle Rowe

Une heure de ténèbres – Michèle Rowe

Albin Michel

 

De quoi ça parle ?

De l’Afrique du Sud.

Et il y a qui dedans ?

Des gens.

Persy Jonas (en vrai elle s’appelle Perséphone, tu vois pourquoi elle préfère Persy…), c’est une métisse, super mignonne, forcément, amoureuse de son chef, forcément, et qu’est vachement balèze en enquête, forcément. Elle est née dans les Townships, c’est pas le meilleur coin d’Afrique du Sud.

Marge Labuschagne. Elle est psychologue et avant elle était profileuse dans la police. Maintenant, elle fait de la thérapie aux bourges du coin. C’est moins intéressant, mais ça rapporte plus.

Bon.

Michèle Rowe, ils disent tous que c’est « la nouvelle reine du polar sud-africain ». Ça rigole pas. Je sais pas qui était l’ancienne, vu que je suis pas forcément attentif au pays d’origine des écriveurs, mais je me suis dit que ça nous changerait des « nouveaux rois du polar qui nous viennent du froid »…

Ouais, ben ça nous change vraiment.

Déjà, le truc pénible, c’est que toutes les 10 lignes, t’as un mot en afrikaan, en zoulou, ou en xhosa. Tu veux voir ?

Le braai, les bergies, les dronkgars ou les impimpis, genre j’ai besoin de te montrer pour faire authentique, et bien que le livre soit traduit, que c’est bien d’Afrique du Sud que vient le bouquin…

Sans déconner, c’est pénible. D’autant que le lexique est à la fin du roman, et que ça t’oblige à t’y référer à chaque fois.

Je déconne. Tu t’y réfères au début, puis tu laisses tomber, genre t’invente d’après le contexte…

En fait, ça ralentit la lecture, et c’est chiant.

Mais bon, t’es en Afrique du Sud. Le pays où ils ont promulgué des lois anti-apartheid et où ils ont pensé que ça changerait tout, le pays aussi où on attache plus d’importance à la survie des crapauds qu’à celle des êtres humains qui le peuplent.

Bizarre, non ?

T’as ça dans tout le bouquin, la ségrégation, les méchants blancs et les gentils noirs, sauf qu’il y a aussi des méchants noirs et des gentils blancs, et puis les femmes, maltraitées (ségrégation aussi) mais on fait des efforts quand même en les nommant à des postes de responsabilité… ça te rappelle quelque chose ?

En fait, ça a saigné là-bas. Grave. Et ça coule toujours.

Peut-être que c’est le truc le plus intéressant du roman. Toucher du doigt que c’est pas fini. Que leurs lois n’empêchent en rien la haine et le racisme, que les crimes y sont toujours commis pour un bout de pain ou un téléphone portable. Que les riches s’enferment toujours derrière des grilles électrifiées et que quand ils sortent, c’est dans des bagnoles blindées…

Parfois, tu rêves de ce bout de continent, de te retourner et de voir toute l’Afrique au-dessus de toi, ben continues de rêver. Ça a pas l’air aussi paradisiaque que ça.

Les personnages sont bien campés, l’histoire est bien racontée, mais c’est de la soupe.

Des piles en librairies, j’imagine, comme d’hab, pour que les gens passent à côté d’autres auteurs enfouis sous ces bouquins conformes à la mode du moment,

et ça, c’est pénible aussi.

Alors je l’ai fini, non sans avoir hésité plusieurs fois à le refermer, à le poser, et à l’oublier.

Je t’ai parlé du potage aux vermicelles qu’on nous sert régulièrement, il y a quelques jours…

Je vais reprendre des pâtes au pistou. C’est plus fort, mais c’est quand même meilleur.

J’ai pas lu le roman précédent de la dame.

Je le lirai pas.

Je pense que je lirai pas le prochain non plus…

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