Un homme doit mourir – Pascal Dessaint

Un homme doit mourir – Pascal Dessaint

Éditions Rivages

 

Je l’ai lu il y a quelques jours. Pas eu envie de le chroniquer de suite. Me demande pas pourquoi, j’en sais rien. Il me manquait cette étincelle qui jaillit du silex quand je ferme un bouquin.

Tu lis pas à la lumière d’un feu de camp, toi ? T’as tort. Demande à Cyril Herry, c’est le mieux, avec un verre de vin et un truc qui chauffe sur les braises. Mais bon, c’est pas le sujet.

Les idées dans ce roman, c’est d’abord les hommes et leur habitude de vouloir planquer leurs cochonneries pour pas qu’on les trouve. Et puis sans doute aussi, ce pouvoir, qu’on s’attribue parce qu’on en a une plus grosse que la sienne (je parle de la bagnole) et qu’on a des zéros pré-inscrits sur les chèque du carnet.

Il y a aussi la confiance, celle que tu offres, mais que tu reprends au moindre loupé. Cette confiance-là. Et puis l’amitié, cette amitié qui se casse la gueule dès que le fric se pose au milieu.

Les rapports entre les vrais voyous (les patrons), et les ouvriers, ceux qu’on exploite depuis le 19ème siècle, quand on leur a fait croire qu’il fallait bosser pour aller acheter du pain, et que l’outil de production ne leur appartenait pas.

Tu vois, il y a des trucs dedans, pas mal de trucs.

Ça se passe dans les Landes, au bord de l’océan, là où il y a des dunes qui cachent le paysage quand tu construits ta maison derrière. C’est chiant les dunes.

Dans le roman, il y a Boris. C’est un mec vachement pointu dans son domaine, genre l’écologie et la nature, sauf qu’il a décidé de bosser pour ceux qui saccagent la planète. Il démolit les expertises écologistes qui disent que le projet industriel n’est pas fiable, et il fabrique des dossiers pour dire le contraire. C’est un genre de salaud.

Il y a Raphaël aussi. Celui, justement, qui a construit sa villa derrière la dune. Sauf que lui, il l’a faite raser la dune. Pour voir l’océan. Pas con.

Des histoires qui se croisent, sans réel lien, tout du moins au début. J’ai eu un peu de mal à entrer dans les pages. Je sortais de Ledun, c’est sans doute pour ça. On devrait se limiter à 2 romans prolétariens à la suite. Trois, c’est sans doute un de trop.

C’est bien écrit, vraiment, et le premier chapitre envoie du lourd, mais c’est après que ça se traîne un peu. La langue est belle, les descriptions de ce qui fait la beauté de la nature dans ce coin sont parfaites, et on renifle vraiment les odeurs, mais ça reste trop superficiel à mon goût.

L’histoire policière qui se greffe à celle de la libellule (je t’ai pas parlé de la libellule ? attends…) ne m’a pas accroché du tout. Je n’y ai vu qu’un vague prétexte à raconter une relation d’amitié bizarre entre trois hommes, et pas de couffin, cette fois.

J’y ai pas cru, même si certains personnages m’ont fait sourire, comme le Tonton, anarcho-syndicalo-écolo, mais c’est tout. J’ai juste souri, et c’est pas assez.

J’ai pas aimé ou détesté les gens. C’est ça qui m’a manqué. J’ai besoin d’aimer ou de détester un des personnages. Même si c’est la nature que je déteste ou dont je tombe amoureux. Mais un roman sans ces émotions, pour moi, c’est juste un article de journal, et je lis pas les journaux.

Je les ai pas aimés, parce qu’ils sont pas intéressants. Juste très chiants, comme certains que tu connais sans doute.

Si j’ai bien compris, l’écriveur a voulu nous dire un truc. Il a décidé de nous le dire en faisant parler des vrais cons, ou des vrais méchants. Il aurait fallu qu’il se lâche. Quitte à faire des méchants les héros de l’histoire, autant qu’ils soient méchants pour de bon, pas en demi-teinte. Mais encore une fois, c’est moi. J’aime pas les demi-teintes.

Ah oui… La libellule, c’est le prétexte pour ne pas construire la décharge à déchets toxiques. J’aime bien les libellules. En Ardèche, il y en a plein.

Les passages, vraiment très beaux, sur les moments dans le gîte, et les descriptions de cette nature, accueillante et belle, et puis les dernières pages, où elle prend le dessus sur les hommes, où elle décide de se débarrasser de ceux qui ont voulu lui faire du mal. Ça, c’est beau.

Avis mitigé, donc, qui va m’imposer d’aller chercher demain un autre bouquin du Monsieur. Il m’a intrigué, et il écrit bien. Ça veut dire que ses qualités sont indéniables et qu’il a le droit de s’être un peu loupé sur celui-ci.

Et puis tu me connais, je suis pas gentil.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *