Shibumi – Trevanian

Shibumi – Trevanian

Gallmeister – Totem

 

 

Télérama a dit ça : « Un roman stupéfiant. Parmi les plus grands de la littérature américaine. »

Je suis pas abonné à Télérama…

T’as déjà joué au Go ?

Ah. Toi non plus. Et tu connais pas les règles non plus… C’est un jeu de territoires, de pierres posées sur le Goban. Simple. Comme le roman du mec qui se regarde écrire, en quelque sorte. Simple, mais ça peut devenir compliqué, quand tu te rends compte que ton adversaire, il maîtrise les règles mieux que toi. Dans un bouquin, c’est qui l’adversaire quand tu t’es surestimé ?

Le lecteur.

D’abord, ce qui m’a dérangé…

Les femmes, dans ce bouquin, ne sont que des faire-valoir. Destinées à satisfaire l’ego des mecs qu’elles croisent, élevées pour certaines dans le but de devenir des geishas juste déposées à côté de leur propriétaire (je déconne pas) pour les satisfaire sexuellement.

Bon, je te les liste, dans le désordre.

Hannah, celle sans qui l’histoire n’aurait pas existé. C’est un membre du commando chargé de descendre les mecs qui ont flingué tout le monde lors des attentats de Munich. Les membres de commando, j’en connais pas personnellement, à part ceux dont c’est le métier, et qui sont un peu des militaires, mais j’imaginais jusqu’à aujourd’hui qu’ils avaient un semblant de cerveau à l’intérieur du crâne. Raté. Pas elle. Elle est pas vraiment très conne, mais c’est quand même du très haut niveau. Quant à son avenir, je te laisse le découvrir dans le bouquin. C’est crétin, voire carrément idiot. Mais bon, c’est Trevanian qui l’a écrit alors je dis rien.

Hana, la concubine du héros. T’as vu, elle s’appelle presque pareil, mais elle est une autre. Elle a été élevée, j’ai pas dit dressée, mais j’étais pas loin, dans le but de donner du plaisir aux hommes qui achètent ses services. T’as dit prostitution ? Ah oui ? Mais non, c’est Trevanian qui l’écrit, alors c’est pas ça. C’est juste une péripétie du roman.

Une autre, dont j’ai la flemme de chercher le nom. Celle-ci, elle bosse pour un truc genre CIA ou FBI, ou NSA, tu sais ces compagnies qui sont chargées de nous protéger contre nous-mêmes… Elle, son boulot de secrétaire, c’est pas que les photocopies. Elle doit aussi prendre soin de son patron, pour qu’il soit Zen tout le temps. T’as dit harcèlement ? Mais non, c’est Trevanian qui l’écrit. C’est de l’humour.

Bon. J’ai fait le tour des gonzesses du bouquin. Tu vois, fallait pas beaucoup d’essence…

Les mecs maintenant.

Nicholaï. C’est le héros. C’est un tueur. Le meilleur assassin de son époque, le plus doué, le plus recherché au monde… Sans déconner, après une présentation pareille, tu t’attends à un truc de dingue. Ouais. Moi aussi je m’attendais à un truc de dingue, pas à descendre dans des grottes et à faire de la spéléo pendant des dizaines de pages. J’aime pas la spéléologie. J’admire les mecs qui en font, j’admire, mais j’y vais pas. Et puis je lis pas non plus de bouquins sur le sujet. Parfois, je suis descendu dans des trous à stalactites et gmites, mais ça se compte sur les doigts de mes mains. Pas des pieds.

Pour te dire que j’en ai rien à taper. J’ai pas acheté le roman pour ça.

Autre chose, parce que je suis grave déçu, je t’ai dit.

Des digressions à la limite de l’insupportable. Des paragraphes entiers de dialogues qui servent à rien, de l’humour pas drôle, des jeux de mots nullissimes, et une seconde partie qui laisse grave à désirer quant à son intérêt.

Pour résumer, je suis intimement convaincu que c’est un bouquin de feignasse. J’ai pas dit fainéant. J’ai dit feignasse. C’est pire.

Écrit super bien, évidemment.

Un vocabulaire à la pointe du dictionnaire, des recherches en pagaille pour nous expliquer comment jouer au Go, ou nous promener au Pays Basque, à descendre en rappel le long des parois des grottes, et j’en passe.

J’arrête là. Tu saisis ma vague impression d’avoir été pris pour une truffe ?

Bon. La substantifique moelle maintenant.

J’ai appris plein de choses sur le Japon, et ça c’est bien. Sauf que si j’avais voulu un bouquin sur le Japon, j’aurais acheté le Lonely Planet… Je déconne. C’est plutôt agréable de conjuguer le plaisir d’écouter une histoire et celui d’apprendre des trucs que tu connaissais pas.
La critique sociale des États-Unis que d’aucun aficionados ont vu transparaître à travers les descriptions de certaines situations, je veux bien. Mais en même temps, quant à critiquer autant le faire avec franchise. Genre la CIA c’est de la crotte, et je l’écris, mais bon, passons. Il y a vraiment certains passages qui sont assez virulents si on décide d’ouvrir les yeux et de voir ce qui se cache derrière les mots.

Un roman d’espionnage plutôt bien ficelé. Je veux dire que tu t’ennuies pas trop quand Trevanian décide de te raconter l’histoire et que tu sautes les passages qui t’intéressent pas.

Un style vraiment différent de ce que j’ai pu croiser au long de mes lectures, et à nul autre pareil…

Je déconne encore.

C’est la même chose que les autres, ceux qui racontent des histoires d’espionnage, avec des gonzesses belles et tout et tout.

Rien de nouveau depuis Flemming.

Relis les James Bond, tu vas gagner du temps, et puis t’auras accès à la genèse du roman d’espionnage.

C’est mieux.

Voilà.

Comme disait mon pote Forrest, « C’est tout ce que j’ai à dire sur cette chose-là ».

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