Sauf – Hervé Commère

 

Sauf – Hervé Commère

Fleuve noir

 

Donc, « Sauf ».

Que de dithyrambes sur ce bouquin. Que de lecteurs enthousiastes. Que de chroniques toutes plus allégoriques les unes que les autres. Suis-je enfin sur une espèce de niveau largement au-dessus de l’ensemble de la littérature polardeuse du 21ème siècle, me suis-je pensé dans le for de moi-même tout en appréhendant quelque peu une déception qui risquait de me foutre en l’air ma journée…

Teasing.

L’histoire, comme d’hab, on s’en cogne, aurais-je tendance à dire. Sauf que pas là. Là, on a une histoire de recherche d’identité, de quête devrais-je dire, de parcours quasiment initiatique, un peu comme quand Forrest décide de courir, sans vraiment que tu saches pourquoi, mais que lui, il sait.

J’ai pas dit qu’il courait dans ce bouquin, il se déplace à mobylette. Une grosse mobylette, bien sûr. Je vais pas non plus te mettre la quatrième de couverture, pas utile. J’ai parfois l’impression que les éditeurs ont tellement envie de vendre leurs bouquins qu’ils sont prêts à te raconter le roman sur la dernière page pour que tu te décides à l’acheter…

Va voir le ouaibe, tu vas avoir les résumés de l’histoire, de l’intrigue, et même la conclusion pour certains de ceux qui ne savent pas quoi dire à part « C’est mon coup de cœur ! », « C’est la claque de l’année ! », « Une énorme émotion ! », ou encore « Quel talent ! »…

Tu sais à quel point je suis prudent avec ce genre de littérature dont mes amis de Télérama parlent avec un profond respect. Je les respecte aussi, d’ailleurs. Parfois, il y a de jolies images dans ce magazine.

Il y a quoi dans ce roman tu vas me demander.

Je me souviens pas vraiment. L’inconvénient de ces livres que je laisse reposer avant de causer dessus, c’est que parfois, il ne me reste rien.

Alors oui, je me souviens de Mat, le personnage principal, je me souviens de Anna, son amoureuse dont il est profondément épris (Harlequin), je me souviens (un peu) de ces personnages secondaires qui sont plutôt finement racontés et décrits, mais c’est à peu près tout. L’histoire en elle-même, après la décantation nécessaire, ne m’a laissé quasiment aucune trace. Une vague réminiscence d’un voyage en bagnole, qui tombe en panne précisément dans un chemin qui doit le mener quelque part (je vais pas te mâcher le boulot) et qui m’a fait me dire « Non, Commère, t’es sérieux ? »

De là à imaginer à travers ces quelques mots que le roman manque singulièrement de cohérence, il y a un pas que je ne peux décemment pas te demander de franchir, mais fais gaffe de pas buter dans la marche. Tu vas te ramasser, et après, tu te diras, « Putain, il m’avait prévenu, j’aurais dû l’écouter… »

C’est gentillet, ça m’a rappelé les histoires de Rocambole découvertes quand j’étais petit, mais on est juste un peu loin des compliments considérables que ce bouquin a reçus depuis sa sortie.

Alors tu vas me dire que c’est bien écrit, et tu auras raison. C’est bien écrit.

Tu vas me dire aussi que Hervé Commère maîtrise grave le suspense puisqu’il a réussi à m’emmener dans sa Saab 900 au fin fond de l’Europe (je dévoile une partie de l’intrigue, merde…), et tu auras raison encore.

Qu’est-ce que tu demandes à un bouquin aujourd’hui ?

Des émotions ? J’en ai pas vu des masses. L’histoire de la quête, depuis « Le seigneur des anneaux », elle a pris un coup de vieux… Et puis j’ai vu ni elfes, ni hobbits dans ce roman.

De te raconter une histoire, pas trop compliquée à suivre, avec une jolie écriture, sans style particulier mais qui se laisse lire ? T’as bon.

J’en ai pas lu d’autres du Monsieur, et j’imagine qu’il a pas besoin de moi pour les vendre par paquets de douze, mais j’ai été déçu, vraiment.

Je m’attendais à mieux.

La difficulté quand tu t’obstines à lire des écrivains hors normes, c’est que les autres, malgré toutes leurs qualités, et elles sont souvent nombreuses, te semblent un peu fades.

Juste un peu fades.

 

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