Par amour – Valérie Tong Cuong

Par amour – Valérie Tong Cuong

J. C. Lattès

Si comme moi, tu l’as jamais rencontrée, et si elle passe pas loin de chez toi, va la voir. Juste pour entendre cette voix fascinante quand elle te raconte une histoire. Fascinante parce que Valérie, je la connaissais qu’à travers deux romans. « Big » d’abord, et si t’es curieux et que t’as pas peur de lire des romans du siècle dernier, tu vas tomber de ton canapé. Ben ouais, je suppose que tu lis pas sur une chaise en bois, ça fait mal aux fesses…

Et puis j’ai lu, juste après, « Où je suis ». Pareil.

Va jeter un œil sur mes chroniques, rubrique recherche. Je vais pas te mâcher le boulot.

Donc, pour faire court, parce qu’après tu vas me dire que je parle pas beaucoup du bouquin, elle est passée chez un libraire. Pas mon libraire habituel, mais bon, on s’en fout.

Elle a expliqué la naissance de ce livre.

Ouais.

C’est sûr qu’on est à quelques kilomètres de ce que je lis d’habitude. Quoique…

Peut-être que c’est quand on écrit sur la vie, sur les gens, qu’on raconte une histoire vraie, qu’on se rapproche le plus du noir que l’humain porte en lui. Je crois. Mais tout le monde peut pas écrire ce genre de roman.

Tout le monde peut pas.

Valérie, elle peut.

Si tu regardes les chroniques du ouaibe, tu vas en trouver plein qui vont te raconter l’histoire, et moi, j’aime pas raconter les histoires des romans que je lis. Mais ça, tu le sais. Alors je vais te parler de la vie, et de l’amour. Ça va te changer de ce que j’écris d’habitude…

Une chronique dédiée à Edmond et Henriette, parce que sans eux, ce livre n’existerait pas.

Comment vivent ceux qui traversent un pays en guerre ?

Quel que soit l’endroit où les hommes se déchirent, quelle que soit l’époque, il faut que tu comprennes que seul l’amour permet à ces hommes et à ces femmes d’exister. D’être, de vivre, tout simplement. Quelles que soient les bombes que les fous font tomber sur leurs maisons, sur leurs enfants, l’amour permet de reconstruire des êtres humains, des foyers, des familles. Même si je pensais le savoir, le roman de Valérie m’a fait toucher du doigt, ou du cœur, des émotions que je n’avais pas ressenties depuis quelques temps. La douleur de la perte, la peur de l’abandon, le bonheur à travers le rire d’un enfant, les larmes face à un arbre, qui s’extirpe de la terre, envers et contre tout.

Tu croyais tout savoir de l’Histoire ?

Tu croyais tout savoir de l’Humanité ?

Tu vas découvrir que parfois les hommes vont au-delà de la folie, qu’ils laissent leur cerveau prendre le pas sur leur cœur, et que quand les murs s’écroulent, seuls ceux qui s’aiment peuvent les bâtir à nouveau, plus solides, plus hauts, pour que le chant de la vie résonne encore plus fort.

Tu vas découvrir que « Par amour », il faut parfois laisser croire qu’on est devenu un autre.

Un autre qui pourrait se perdre au milieu des décombres.

Je vais pas te mentir, des images se sont superposées aux mots, des images brouillées parfois par ce que je croyais être une poussière dans les yeux.

C’était pas ça.

J’aime pas lire quand y a du vent qui tourne les pages.

Tout à l’heure, j’ai acheté des rutabagas, juste pour me relier à ce que Valérie m’a fait goûter. Moi, j’en ai jamais mangé de la soupe aux rutabagas. Il a fallu que je demande au marchand comment ça se préparait. Il m’a dit que ce genre de légumes revenait à la mode…

Je sais pas de quelle mode il me parlait. Moi, j’avais juste envie de penser à ceux qui en avaient mangé parce qu’ils n’avaient pas le choix.

C‘est pas grand-chose. C’est juste un lien qu’il m’a semblé important de créer. Un lien avec ces gens qui ont vu leur ville s’effondrer sous les bombes, avec ces familles qui ont perdu leurs enfants, leurs pères, leurs mères, tout ce qui faisait leur vie et leurs sourires.

Un lien avec ceux qui aujourd’hui, parce que des hommes pensent que le pétrole ou l’uranium sont plus importants que la vie des enfants, continuent à mourir sans même avoir le temps de se dire au revoir. Ceux qui aujourd’hui tombent sous les bombes de l’avidité des hommes, sous les balles tirées par les fusils des assassins qui oublient que ces visages qui sont en face pourraient être leurs enfants.

T’as vu, c’est pas une chronique ordinaire.

Sans doute parce que c’est pas un roman ordinaire.

C’est un roman sur la vie.

C’est un roman sur l’amour.

Quand j’ai vu Valérie, elle m’a remercié d’être venue la saluer.

C’est le monde à l’envers.

Merci M’dame.

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