L’homme craie – C. J. Tudor

 

L’homme craie – C. J. Tudor

Éditions Pygmalion

 

Tombé dessus au détour d’une page Facebook, sur le mur de Berlin de Lau Lo. Comme quoi, Facebook ne sert pas qu’à balancer des infos sur la santé du chien, ou sur tes intestins du matin…

Drôle de roman.

Un roman qui m’a ramené juste au milieu de mon enfance, quand mes potes et moi, on s’envoyait des messages secrets, de la fenêtre du troisième à celle du rez-de-chaussée. Quand on fouillait les bois, à la recherche de la piste laissée par le sanglier dont on avait entendu parler.

Une histoire de gosses alors.

Ouais. Une histoire de gosses, des gosses qui ont grandi et qui sont restés des gamins qui ont peur des fantômes. J’aime bien les histoires de gosses, dans la mesure où elles sont bien racontées. Un peu comme dans le roman de King dont je vais pas te faire l’affront de te rappeler le titre. C’est pas tout le temps le cas. Me souviens d’un roman que j’ai pas pu finir, malgré les dithyrambes internêtiennes… Je te dis pas lequel. Cherche. Jamais chroniqué, sous peine de perdre tous les amis professionnels que je croise sur le ouaibe. Ça, c’est fait.

Dans ce livre, celui qui te raconte ce qui s’est passé hier, il s’appelle Eddie. Il m’a fait penser à un pote à moi. Celui qui voulait bien être Martin Luther King mais qui finalement n’était qu’un mec normal. C’est Eddie qui te parle de l’homme craie. Il avait 12 ans quand tout a commencé. Quand quelqu’un lui a donné cette idée de fabriquer des messages secrets en dessinant des bonshommes à la craie.

Et au début, c’était plutôt drôle.

Jusqu’à la première fille.

Il y a les potes d’Eddie, aussi, ceux qui passent leurs journées avec lui.

Gav, dont les parents ont du pognon, mais il se la joue pas avec ses potes, et ça, c’est bien. On a sans doute tous eu un copain comme lui. Tu te souviens ?

Hoppo. Sa mère est femme de ménage. C’est pas un boulot facile. C’est la vraie vie, là encore.
Mickey. Pas grand chose à dire sur lui. Presque à penser qu’il est revenu de tout, et à douze ans, c’est ballot d’être à ce point aussi loin de sa vie d’enfant.

Et puis il y a Nicky, la fille du pasteur. Nicky, elle a souvent des bleus, elle tombe souvent dans les escaliers. Elle se cogne beaucoup aux meubles… T’en connais, toi aussi, des filles qui se cognent souvent aux meubles ?

Eddie, aujourd’hui, il a trente ans de plus. Et finalement, trente ans plus tard, rien n’a vraiment changé. Juste lui et ses potes qui ont vieilli. Un peu. Un jour, il reçoit une lettre. Dedans, il y a un bonhomme en bâton, pendu, et dessiné à la craie. Le même que celui qu’ils avaient trouvé pas loin de la première fille. La fille morte.

Voilà, c’était le pitch.

Le coup de… j’allais dire «génie», mais faut pas exagérer non plus, de C. J. Tudor, c’est cette capacité à nous ramener dans nos enfances. Celles des potes, des parents parfois bizarres, et celles des peurs aussi, des monstres sous le lit, ceux que t’oses pas regarder de peur qu’ils ne soient vrais.

Je t’ai causé de «Stand by me», tout à l’heure, et je ne t’ai pas fait l’affront de te rappeler le titre de ce roman de M’sieur King, mais c’est vrai que par instants je me suis souvenu de ces mômes, de ces amitiés qui dureront «toute la vie» et de ces conneries qui peuvent changer le monde autour de nous.

Finalement, et malgré cette histoire de bonhomme de craie, sans doute qu’il s’agit d’un roman qui nous parle de vie, et d’amour. C’est marrant de constater ça au terme de cette chronique, mais c’est pourtant ce qui ressort quand je regarde les empreintes qu’il a laissé sur mon chemin…

Des empreintes qui vont te conduire au milieu de la brume, celle qui cache les secrets du passé, celle qui t’empêche de voir trop loin, surtout quand tu passes à côté de la vérité mais que tu ne t’en rends pas compte.

Je résume.

Un vrai beau roman, pas noir, mais pas blanc non plus. Rempli de toutes ces nuances de gris qui vont du plus clair au plus foncé.

Voilà. C’est tout ce que j’ai à dire sur ce livre-là.

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