Les garçons de l’été – Rebecca Lighieri

 

Les garçons de l’été – Rebecca Lighieri

Folio

 

Bon, derrière le bouquin, il y a écrit « Du Stephen King à la française ! »

C’est je sais pas qui d’une émission de télé qui a dit ça. Sans doute que ça fait vendre de la cam. Sans doute que c’est grâce à ça que certains zôteurs gagnent de la thune et payent les factures.

C’est bien. Je veux dire que c’est bien pour eux. De là à imaginer que c’est bien pour la littérature, il y a un pas que je ne franchis pas.

Je sais que mes prises de position sont parfois pénibles, que d’aucuns ont l’impression que je n’aime rien, et surtout pas la littérature, mais quand même, faut pas nous prendre que pour des truffes.

Déjà, la couv de chez Folio interpelle par son côté « vacances à la mer » et « bouquin à emporter à la plage pour avoir un truc pas compliqué à lire et pas me prendre la tête ».

Alors forcément, quand je suis dans ce genre de littérature, j’ai comme des relents de « Oui-oui en vacances » qui me remontent le long de l’œsophage…

Ça veut dire que je suis pas sûr que les arbres coupés pour imprimer ça vont pas se retourner dans leurs tombes, parce que parfois, je me demande si l’édition numérique n’a pas du bon…

D’aucuns vont parler de « récit choral », de tragédie antique, voire de « claque monumentale »…

Faut quand même pas exagérer.

Je sais, parce que c’est la mode, que la plupart des blogueurs engrangent de la cam grâce au Service de Presse, mais est-ce que c’est suffisant pour justifier ces dithyrambes que je vois partout ?

Est-ce que c’est suffisant pour hurler au chef-d’œuvre sous prétexte d’être sûr de recevoir des bouquins des maisons d’édition ?

Bon, ce bouquin, parce que j’ai assez râlé pour la matinée.

Alors, ça se lit facilement, un peu comme « Martine à la plage », j’imagine, bien que je ne l’aie jamais lu. « Martine à la plage », je veux dire.

Une écriture d’une simplicité qui n’a rien à envier aux émissions de télé-réalité dont on me cause de façon récurrente, parce que le langage employé dans le bouquin est le même. J’ai parfois eu l’impression étrange d’être retourné au lycée, et je n’en ai pas que des bons souvenirs. Me suis souvent demandé à quoi servait la langue française si d’aucuns la réduisaient à 128 mots, parfois mélangés pour fabriquer des expressions sans aucune utilité mis à part signaler l’absence de neurone de ceux qui les emploient.

Alors oui, ça se lit tout seul, et j’imagine que c’est le but de ces livres de plage. J’ai dit « livres de plages » ? Ça m’a échappé.

J’ai dit que c’était écrit avec des mots simples pour être sûr que j’allais bien comprendre toute l’histoire ? Que tous ceux qui vont le lire allaient bien comprendre toute l’histoire ?

Est-ce à dire que l’éditeur, voire celle qui a commis ce texte, nous prennent pour des demeurés à qui il faut mâcher la lecture et nous filer un truc pré-digéré à bouffer ?

Encore un pas que je franchis avec allégresse. Allégresse parce que j’ai réussi à finir le bouquin. J’ai eu envie de le jeter dans une cuvette(…), souvent, mais j’ai été retenu par le fait que le prix du bouquin ne justifiait pas l’intervention du technicien que j’allais devoir appeler pour le débouchage…

Des personnages sans intérêt, mal maîtrisés en termes de psychologie, puisque forcément celui qui va devenir le « Mal » c’est celui qui se fait bouffer un morceau de jambe par un requin. Les requins, c’est pénible. Ça bouffe des morceaux de jambe en veux-tu en voilà, et après ils se foutent de savoir ce que ceux qui se sont fait bouffer deviennent. Forcément, les requins ne lisent pas les bouquins. S’ils les lisaient, ils feraient gaffe.

Ceci posé, j’ai rarement vu un personnage comme le dénommé Thadée.

Il est pervers, il est scatophile, il est violeur, il est meurtrier, il est fratricide… Tout ça à cause du requin. C’est déconner. La vengeance, moteur du « roman », devient pathétiquement ridicule et même carrément grotesque par moments.

Le seul personnage, finalement, qui m’a paru intéressant, et qu’à mon sens il aurait fallu développer, voire en faire le vrai héros du bouquin, c’est la môme de 13 ans, la petite sœur, qui aurait mérité un bouquin à elle toute seule. C’est ballot, il doit y avoir une centaine de lignes qui lui sont consacrées.

C’est pas beaucoup.

Que l’on ne vienne pas me parler de symboles bibliques et autres joyeusetés que l’on aurait découverts dans ce texte, c’est même pas vrai.

Quant à moi, j’y ai vu que dalle, et là encore, c’est pas beaucoup.

Et c’est tout ce que j’ai à dire sur ce « roman » là.

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