Le sang du monstre – Ali Land

Le sang du monstre – Ali Land

Sonatine Éditions

 

Le monstre, c’est la mère d’Annie. Voilà. Tu sais tout. Ou presque. Annie, elle s’appelle Milly maintenant. Parce qu’il faut pas que les autres sachent que sa mère c’est celle qui a tué tous ces gosses. S’ils savaient, elle aurait sans doute des problèmes avec ces potes du lycée.

Les ados, c’est super méchant, et ça peut foutre en l’air la vie d’une de leurs coreligionnaires.

La plus méchante c’est Phoebe. Phoebe, c’est la fille de Mike et Saskia. Eux, ce sont ceux qui recueillent Milly-Annie. Genre famille d’accueil pour ado à problème. Mike, il est psy. Ça aide. Je veux dire que c’est censé aider.

Milly-Annie, elle veut vivre comme une fille normale, aller au lycée comme une fille normale, avoir des copines aussi, comme une fille normale, mais c’est pas gagné quand t’es la progéniture d’une tueuse en série.

Surtout si la série, c’est des mômes.

Personne sait qui elle est vraiment, à part Mike et Saskia. Leur boulot, en quelque sorte, c’est de préparer Milly-Annie au procès de sa mère.

Je t’ai pas dit, mais Annie-Milly a dénoncé sa mère. C’est elle qui a appelé les flics pour que ça s’arrête et que sa mère soit mise en prison. Je spolie rien du tout, c’est sur la couverture.

Tu entends mon enthousiasme ?

Le génome du tueur, il existe ? Ça a l’air complètement idiot, dit comme ça, mais c’est pourtant là-dedans que nous embarque Ali Land. C’est pas idiot comme idée, et ça va assurément faire un bon film au cinéma, c’est sûr.

En revanche, j’irai pas le voir.

Me suis grave ennuyé. Un style sans grand intérêt, au ras des pâquerettes comme dit le chanteur, et pas grand-chose qui change de ce que tu peux lire habituellement. On est dans la veine de ce qui plaît, mais on est à des kilomètres de ce qui te fracasse le cerveau. J’en ai un peu assez de ces romans qui se ressemblent et qui se vendent parce qu’ils restent juste au bord de ce qui pourrait être un vrai bon bouquin.

Attention, je l’ai lu. Je suis allé jusqu’à la dernière page en sachant depuis douze kilomètres ce que cette dernière page nous dirait, mais bon, franchement, si tu passes à côté, c’est pas très grave. Va te chercher un David Vann, tu seras gagnant et ton cerveau va grossir.

Pas là.

J’eusse aimé (t’as vu quand je veux causer bien…), j’eusse aimé, donc, que Madame Land s’aventurât un peu plus loin dans le cerveau de ces deux femmes (la mère et la fille), qu’on puisse en suivre les contours, les méandres même, mais là, que dalle, rien, nada.

C’est ballot.

Les autres, tu me connais, avant de faire ma chronique, je vais jeter un œil sur le ouaibe, les autres donc, et pour la plupart, sont éblouis par le style de la dame, par la construction admirable de ce roman, par le malaise qu’il provoque à la lecture…

Certains crient même au chef-d’œuvre…

Ouais.

Là encore, on n’a pas lu le même bouquin.

Le procès que tu attends pendant plus de 300 pages, ça finit par être un peu longuet, nonobstant les relations Milly-Annie/Phoebe, qui animent un peu la lecture, je me suis un peu fait suer, et puis c’est téléguidé, la fin est téléguidée, et finalement, tout est survolé.

Encore une fois, c’est ballot. Y avait moyen d’écrire un vrai roman.

M’en vais retourner chez Gallmeister…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *