Éric Maneval

 

 

1 – Votre premier manuscrit envoyé à un éditeur, racontez-nous ?

Je n’ai jamais envoyé de manuscrits à des éditeurs. Je travaille généralement avec l’éditeur en amont. Je lui parle longuement de mon projet et si je perçois un désir de publication, on travaille ensemble. Enfin si, j’ai envoyé des manuscrits par politesse, parce que l’éditeur m’avait dit, par politesse, « envoie-moi un truc » mais nous savions tous deux que ça n’irait pas plus loin. Travaillant dans le monde du livre, j’ai la chance de connaître quelques éditeurs qui eux même, en connaissent d’autres, je peux parvenir à soumettre des idées et a obtenir un assentiment préalable.

2 – Écrire… Quelles sont vos exigences vis-à-vis de votre écriture ?

J’essaie de produire des textes qui doivent se lire d’une traite, en deux ou trois heures. Je veux que le lecteur dévore le livre. C’est ma principale exigence.

3 – Écrire… Avec ou sans péridurale ?

Si je prends beaucoup de plaisir à imaginer une histoire, à me la raconter, à me la répéter, puis à la raconter à d’autres, à voir si je parviens à maintenir une attention juste en la racontant à quelqu’un, ce que je fais toujours avant de me lancer dans l’écriture, je dois avouer que l’acte d’écrire m’est difficile et pénible. Je n’ai pas la facilité rédactionnelle que je perçois chez d’autres, je bute sans cesse sur des choses simples, c’est très laborieux. Ça n’exige pas une péridurale, mais des tonnes de cigarettes et des hectolitres de café.

4 – Écrire… Des rituels, des petites manies ?

Non, pas vraiment. Les rituels résidant peut-être dans toutes les ruses que je peux déployer pour ne pas écrire, pour retarder la confrontation entre l’imaginaire et le réel.

5 – Écrire… Nouvelles, romans, deux facettes d’un même art. Qu’est ce qui vous plaît dans chacune d’elles ?

J’ai écrit beaucoup de nouvelles. C’est plus excitant en termes d’écriture et c’est sans doute plus exigeant que le roman, aucune approximation n’est tolérable. C’est dommage que ce genre n’intéresse plus les éditeurs, qu’il n’y ait plus de revues grand public dévolues au genre.

6 – Votre premier lecteur ?

Généralement l’éditeur, même si je fais quelquefois lire les débuts, ou la première moitié à quelques personnes de confiance.

7 – Lire… Peut-on écrire sans lire ?

Oui, dans le cadre d’une volonté de témoigner de quelque chose de singulier, mais je ne sais pas si ça existe, des écrivains qui ne lisent pas.

8 – Lire… Votre (vos) muse(s) littéraire(s) ?

Je suis avant tout un lecteur, un gros lecteur. J’ai une vénération littéraire pour quelques écrivains, mais ce n’est pas dans mes lectures que je vais trouver des sources d’inspirations. C’est beaucoup plus le réel qui fait office de muse, le réel est fantastique.

9 – Soudain, plus d’inspiration, d’envie d’écrire ! Y pensez-vous ? Ça vous est arrivé ! Ça vous inquiète ? Que feriez-vous ?

Je suis un amateur, j’ai la chance d’être publié par des éditeurs professionnels, mais jamais je ne signerai un quelconque contrat m’obligeant à fournir un roman tous les ans, ou quelque chose qui m’obligerait à produire du texte, quelque chose qui rendrait l’inspiration obligatoire. Ce serait un cauchemar.

10 – Pourquoi avoir accepté de participer au Trophée Anonym’us ?

Parce qu’on me l’a gentiment proposé.

11 – Voyez-vous un lien entre la noirceur, la violence de nos sociétés et du monde en général, et le goût, toujours plus prononcé des lecteurs pour le polar, ce genre littéraire étant en tête des ventes ?

Eh bien, en réalité, les gens lisent bien moins de polar qu’a l’époque où la télévision ne s’était pas imposée dans tous les foyers ou presque. Le polar était un réel genre, une sorte de sous littérature extrêmement codifiée, une sous littérature dans laquelle excellaient quelques grands écrivains, les tirages étaient monstrueux mais ça restait un genre un petit peu honteux. Aujourd’hui, c’est un genre hégémonique, tous les soirs, des séries policières, des émissions criminologiques, des reportages « en immersion » envahissent les écrans, la honte à disparue, le marketing éditorial s’est emparé du polar, du roman noir, du thriller. En fait je ne sais pas vraiment répondre à la question, est-ce que le caractère de plus en plus anxiogène de la société nous pousse a lire des histoires policières ? est-ce qu’on vit tous dans une sorte de polar ? Est-ce qu’on veut se rassurer ? se faire peur ? Je l’ignore.

12 – Vos projets, votre actualité littéraire

Des projets, il y en a, est-ce qu’ils vont se concrétiser, je l’ignore. Mon actualité, c’est le trophée Anonym’us.

13 – Le (s) mot(s) de la fin ?

Eh bien merci pour tout.

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