En sacrifice à Moloch – Äsa Larsonn

En sacrifice à Moloch – Äsa Larsonn

Albin Michel Éditeur

On m’a envoyé ça il y a quelques semaines. T’auras compris que la nana elle a pas besoin de moi pour vendre des piles de bouquins. C’est typiquement le genre de roman que les libraires mettent en face de ta tronche quand tu rentres chez eux parce qu’ils savent que grâce à ces auteurs, ils peuvent envisager de ne pas baisser le rideau tout de suite. C’est ce qu’elle dit, ma libraire. Genre, elle l’a même pas lu, et elle le lira pas.

Je comprends.

Bon, moi je l’ai lu. Comme je t’ai dit, on me l’a envoyé, alors pour pas gaspiller, j’ai tourné les pages.

J’ai fait que ça, d’ailleurs. J’ai tourné les pages en espérant qu’il allait se passer quelque chose.

Eh ben non.

Rien.

C’est sûr qu’il y a une vague intrigue, une enquête, et tu sais ce que j’en pense des enquêtes…

Des personnages vaguement survolés.

Des chiens.

Un ours.

Un mort dans un estomac.

De l’ours, l’estomac. Pas des chiens, essaye de suivre.

Et puis il y a Moloch. Le mec à qui en offrait des minots en sacrifice pour avoir des trucs sympas, comme le dernier iPhone ou un sac de monnaie. Je sais pas si ça marchait.

La nana qui enquête, elle s’appelle Rebecka, et elle enquête vachement bien. En même temps, c’est normal, c’est le personnage un peu principal. Si en plus elle enquêtait pas bien, on frôlerait le ridicule… Quoique. Et si pour une fois, on avait pour personnage de flic-procureur ou je ne sais quoi un mec ou une nana nul dans les enquêtes ?

Ça nous changerait. Il serait nul parce qu’il aurait eu des soucis, dans son enfance, alors il serait devenu flic-procureur ou je ne sais quoi pour essayer d’exister à travers les morts qu’il ramasserait sur le bord de sa route. Et il se tromperait, mais le hasard le ramènerait sur le chemin de la vérité…

Je m’égare.

Tu vas croire que je me suis fait grave chier en lisant ce roman.

T’aurais raison.

Grave.

Ah oui. Pour parachever le tout, on a un gamin qui a assisté à un meurtre. Comme c’était pas facile comme moment, il est devenu chien. Pas un vrai chien, c’est pas les aventures d’Henri le potier, juste il se prend pour un chien.

Tu vois le tableau ?

D’aucuns, et ils sont nombreux, sont admiratifs du style de la dame.

Je cherche encore le style.

C’est écrit.

C’est sans doute documenté.

Ça se passe en Suède, et ça n’excuse pas tout, même si on parle pas le suédois, mais quant au style…

C’est le même roman que d’autres écriveurs de ces contrées froides.

Ah si. Un passage que j’ai bien aimé. Celui où elle nous explique comment ça se passe dans le sauna.

La chaleur, la vapeur, les pierres chaudes qui t’empêchent de respirer si t’es pas du cru…

Je rigole.

J’ai rien trouvé.

Et puis Moloch, franchement, je m’attendais à mieux.

Il doit être grave vénère, le Dieu.

Quand il va sortir de son trou, Albin Michel, il a intérêt à se planquer…

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