Chaînes – Solène Bakowski

Chaînes – Solène Bakowski

Auto-édition

 

Drôle de roman. Fantastique, sans doute, mais pas seulement.

Je t’explique.

Comme j’ai plutôt bien aimé « Un sac » je me suis dit que j’allais jeter un œil dubitatif sur les écrits de la dame. J’ai bien fait. En ce moment je suis en train de lire le dernier bébé, « Une bonne intention », mais j’avais lu celui-ci il y a quelques semaines, et j’avais omis de t’en causer.

Alors je t’en cause, sans te raconter l’histoire, tu me connais. Juste un peu, à travers ce qui est écrit sur la dernière de couv. Juste ça.

Imagine. Rien qu’en touchant une tombe, tu connais la façon dont la personne enterrée est morte. Tu vois ses proches éplorés. Tu sens le chagrin et la colère. Nuit après nuit, tu vois en rêve l’histoire de cette personne. Toute sa vie, jusqu’à l’inéluctable dénouement.

J’arrête là.

Drôle d’idée, non ?

Bonne idée en tout cas. Solène, elle a toujours de bonnes idées, un peu comme sa copine Amélie.

Ça commence dans un cimetière, forcément, mais pas que. Il y a des photos des gens qui sont morts mais pas que non plus. L’héroïne, elle s’appelle Héloïse. J’en ai croisé une il y a pas longtemps. C’est un prénom pas courant, et du coup, quand je pense à Héloïse, j’ai tendance à voir celle que j’ai croisée.

C’est marrant.

L’esprit de l’humain est bizarre.

Héloïse, donc, elle croise une vieille dame, et cette vieille dame, elle lui raconte un truc dingue. Genre le truc que tu crois pas si on te le dit. Sauf si t’as tendance à croire tout ce qu’on te dit, mais bon…

Je vais pas te le dire, de toute façon, me demande pas.

Dans le roman, il y a Pascal. Je te dis pas non plus, sauf que c’est un garçon, et qu’il est mort.

Voilà.

C’est écrit comme Solène écrit. C’est-à-dire qu’on sent dans ce roman l’imaginaire à venir de celle qui va écrire « Un sac » et te donner envie de la relire. On sent dans cette écriture, parfois presque balbutiante, comme si elle n’avait pas voulu trop en dire, les qualités de celle qui va venir changer la donne dès qu’elle aura confiance en elle.

Et elle peut.

Avoir confiance, je veux dire.

Quand tu vois ce qui sort aujourd’hui sur les piles des librairies, crois-moi, Solène, et comme le disait Kaa, mon pote serpentin, « Fille, aies confianssssssse… ».

Ce roman a sans doute les défauts d’un roman auto-édité, donc sans le travail de l’éditeur dont le boulot consiste, je crois, à aider l’auteur à ne garder que la moëlle du texte, et pourtant, je me suis laissé prendre par ce rythme, par ces allers-retours dans le passé, par l’histoire, en fait.

Bien sûr qu’il aurait demandé à être retravaillé, sans doute que quelques pages supplémentaires auraient été nécessaires… Sans doute. Mais en même temps, il y a tellement de trucs merdiques qui ne valent même pas le prix du papier sur lequel ils sont imprimés…

Bien sûr que j’aurais aimé qu’elle me raconte l’histoire d’Aphasie avec plus de mots, plus de pages, bien sûr.

Bien sûr que j’aurais aimé que Fanny soit encore plus présente, et que Solène développe ce roman à travers une centaine de pages supplémentaires, bien sûr.

Bien sûr que ça se lit en quelques heures et que ça ne te laissera pas un souvenir pas périssable pendant de longues semaines, bien sûr.

Mais c’est comme ça.

C’est bien écrit. Il y a du vocabulaire. Elle se prend pas pour le plus grand auteur de l’univers connu, et elle a cette capacité à l’auto-dérision que je trouve nécessaire pour me la faire apprécier…

Qu’est-ce que tu demandes à un bouquin, aujourd’hui ?

Te raconter une histoire.

C’est réussi.

1 commentaire sur “Chaînes – Solène Bakowski

  1. J’ai adoré Une bonne intention, après l’avoir d’où dzns le projet avec elle/sans elle.

    Je n’avais pas vu passer ce titre,,, même si tu veux rien nous dire sur ce que la vieille va révéler, tu donnes bien envie de le lire.

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