Après la chute – Dennis Lehane

Après la chute – Dennis Lehane

Éditions Rivages

 

 

T’as lu « Mystic River » ou Shutter Island » ?

C’est lui qui les a écrits. Du roman noir. Grave excellent. Relis-les si t’as un moment, une nuit d’insomnie. Relis-les.

« Après la chute », c’est le dernier roman de Dennis Lehane. Quand ce mec sort un bouquin, je me pose pas de question, je vais voir ma libraire et je sors mon billet de 20. C’est ce que j’ai fait. C’est un mec qui écrit mieux que la plupart de ceux qui commettent des romans. Ses intrigues sont velues (je sais pas si ça se dit, ça veut dire grave bien), et ses personnages sont toujours parfaits. Toujours.

Je croyais.

C’est drôle, parce qu’hier, je crois que j’ai dit que je tirais pas sur les ambulances, sauf s’ils vendaient des millions d’exemplaires.

« Shutter Island », c’est juste une merveille d’histoire, et « Mystic River », c’est un putain de roman aussi.

Mais là, il faut que je te cause de « Après la chute ».

Si tu t’attends à la même qualité d’écriture que dans ceux dont je viens de te parler, t’as tout faux. On est loin du compte. À croire que Monsieur Lehane a des impôts à payer et qu’il a vite écrit ce roman et vendu les droits au cinéma pour ce faire, parce que merde, faut quand même pas déconner. Alors me fais pas dire ce que j’ai pas encore dit.

C’est un roman. C’est une histoire. Et à ce titre, il a passé du temps à aligner ses 446 pages. Faut les taper sur le clavier (je suis sûr qu’il écrit pas au stylo, c’est pas Victor Hugo, non plus) et faut les faire relire, et puis appeler son éditeur pour lui dire que c’est fini, attendre que son éditeur se pointe, déposer le chèque à la banque, c’est du boulot, je te dis.

Tu me sens amer ?

Je suis amer. Pas énervé, mais amer, c’est sûr. Quand un type de cette pointure commence à faire du commercial, ça sent le sapin. Dans le sens où c’est sans doute la dernière fois que je sors un billet pour lui. Tant pis pour moi. Je vais sûrement passer à côté des romans cultes du milieu du 21e siècle, mais tant pis.

L’histoire, c’est celle de Rachel. Elle cherche son daron. Genre elle l’a pas connu, mais elle le cherche quand même pour pouvoir, sans doute, s’attacher à la terre de ses ancêtres. Je crois que c’est le but. Elle est triste Rachel. Pourtant, elle a un bon job, elle gagne de la thune, elle fait ce qu’elle aime, et elle croise Brian. Alors Brian, c’est le mec idéal. Intelligent, beau gosse, riche, bien élevé, poli avec les dames, tout ça tout ça.

Tu t’es cru dans la collection Harlequin ? Moi aussi.

Mais le suspense s’installe. Rachel se pète la gueule, en direct à la télévision pendant un reportage sur une catastrophe en Haïti, et elle se fait virer, juste après avoir divorcé, ou l’inverse, je sais plus.

On s’en fout.

C’est chaud.

Mais heureusement, Brian, qu’elle avait perdu de vue, revient. Harlequin je t’ai dit.

Après quelques pages, je me suis surpris à espérer que Lehane allait commencer à me faire de l’effet, comme dans les deux autres romans que j’ai dévorés (faudra d’ailleurs que je te fasse la chronique un de ces jours). Que nenni, comme disait un ami à moi.

Un amalgame de clichés, de twists faciles et sans intérêt, en un mot comme en cinq, je me suis fait chier.

Grave.

Je l’ai fini, parce que quand même, 22 balles, faut pas déconner, à 5 cents la page, je lis, et malgré tout, c’est du Lehane, et qu’il écrit mieux que la plupart de ceux qui font des romans,

mais un putain de regret qui m’est tombé dessus quand j’ai tourné la dernière page.

C’est long.

Des passages sans intérêt, sur la vie de Rachel et ses recherches sur son père dont je n’ai strictement rien à péter, et qui apportent que dalle à l’histoire.

Du remplissage pour le film en devenir.

Sur la couverture, au dos du bouquin, y a écrit « Lehane demeure l’un des grands maîtres du thriller diabolique, il semble entretenir une relation intime avec les ténèbres. »

Ouais.

Ben j’ai pas vu ça dans ce bouquin. Mais alors pas du tout.

Voilà.

Comment dire…

Relis « Shutter Island ».

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